L’Europe doit combattre l’extrémisme raciste et défendre les droits de l’homme

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L’Europe connaît une intensification inquiétante des activités d’organisations extrémistes racistes, y compris de partis politiques. Selon certains commentateurs, ce phénomène s’est développé au point de devenir « une première forme de terrorisme d’extrême droite ».

Ce qui me préoccupe beaucoup, c’est que les responsables politiques européens et nationaux ne semblent pas être pleinement conscients de la gravité de la menace que ces organisations font peser sur l’état de droit et sur les droits de l’homme.

L’idéologie des organisations extrémistes racistes consiste pour l’essentiel à considérer que les « autres » (principalement les migrants et les membres de minorités nationales, ethniques ou religieuses) ne devraient pas avoir accès aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Ces organisations inventent des « ennemis » à combattre et à éliminer. Lire la suite

La liberté de la presse à l’ère numérique : nouvelles menaces, nouveaux défis

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Alors qu’une part croissante de l’activité journalistique se déroule sur internet, l’Europe n’est pas devenue plus sûre pour les personnes qui expriment des opinions critiques. Certes, il est désormais possible de communiquer des informations plus vite et à un plus large public qu’auparavant. Mais les personnes ayant recours à ce moyen de communication  s’exposent à des menaces à la fois nouvelles et anciennes : violence, intimidation, poursuites pour des propos pourtant tout à fait légaux, harcèlement judiciaire et surveillance sont en effet autant de méthodes qui continuent d’être utilisées à l’ère numérique, y compris en Europe.

Chaque jour, internet permet à la liberté d’expression de s’exercer dans l’intérêt public, en Europe et ailleurs. Ainsi, c’est grâce à internet que de plus en plus de personnes sont informées des affaires de corruption ou de mauvaise gestion, de comportements contraires à l’éthique d’agents publics ou d’entreprises ou encore de graves violations des droits de l’homme. Ces informations sont souvent données par des blogueurs, des « citoyens reporters », ou d’autres qui, au même titre que  les journalistes traditionnels, risquent désormais des représailles de la part des autorités ou de groupes d’intérêt (par exemple la criminalité organisée ou des groupes ethniques ou religieux rivaux). Lire la suite

Les défenseurs des droits de l’homme au Bélarus ont besoin de soutien

Photo: Manifestations dans les rues de Minsk

Le Bélarus n’est pas un Etat membre du Conseil de l’Europe et ne devrait pas même être considéré comme un candidat à l’adhésion tant qu’il n’a pas libéré tous les défenseurs des droits de l’homme et tous les militants de l’opposition emprisonnés pour des motifs politiques, tant qu’il n’a pas aboli la peine de mort et tant qu’il n’a pas mené de vastes réformes démocratiques. En conséquence, actuellement, le Bélarus ne relève pas de la juridiction de la Cour européenne des droits de l’homme et ne fait pas l’objet de rapports pays, ni dans le cadre de la plupart des mécanismes de suivi ni de la part de mon bureau. Toutefois, cela ne dispense pas le Conseil de l’Europe et ses Etats membres de s’intéresser activement au Bélarus, de s’abstenir de tout acte qui pourrait nuire aux défenseurs des droits de l’homme œuvrant dans ce pays, et de tenter d’y soutenir le développement des droits de l’homme. Lire la suite

Les Etats devraient défendre l’intérêt supérieur des enfants apatrides

© Conseil de l’Europe

La nationalité est le « droit d’avoir des droits ». L’absence de nationalité va de pair non seulement avec l’absence de droits politiques mais aussi souvent avec celle de droits économiques et sociaux. Au niveau symbolique, la nationalité signifie être membre à part entière d’une communauté nationale, et même de la communauté des hommes. Lire la suite

Les restrictions affectant les défenseurs des droits des migrants doivent cesser

Un homme proteste contre la loi qui interdit d’apporter de l’aide aux immigrants illégaux le 8 avril 2009, place Saint-Michel, à Paris. Olga Besnard / Shutterstock.com

Diffamation, menaces, agressions physiques et verbales, sanctions administratives et harcèlement judiciaire : autant de moyens utilisés pour dissuader les défenseurs des droits de l’homme de travailler avec les migrants et de combattre la montée de la xénophobie et du racisme en Europe. Les auteurs de ces abus sont à la fois des acteurs étatiques et non étatiques.

Il n’est pas acceptable d’intimider et d’agresser des défenseurs des droits des migrants

Dans plusieurs pays européens, la diffusion de discours xénophobes et anti-immigrés a eu des effets négatifs sur le travail des défenseurs des droits de l’homme qui s’attachent à protéger et promouvoir les droits des migrants. L’on observe même une tendance croissante à considérer les défenseurs des droits de l’homme comme des traîtres qui menacent la sécurité et l’identité nationales. Ils sont souvent exposés à des intimidations et à des abus. Lire la suite

Arrêtons de chasser les Roms, passons à l’intégration

Les expulsions de Roms se multiplient en Europe

Ces dernières années, la question des Roms a été largement débattue en Europe. Toutefois, cette attention portée à la minorité d’Europe la plus exposée aux discriminations ne s’est guère accompagnée de mesures gouvernementales concrètes. Face à cette situation d’urgence en matière de droits de l’homme, les pays européens appliquent trop souvent encore les vieilles méthodes, comme le montre la multiplication des expulsions, qui ont déjà touché des milliers de Roms dans toute l’Europe. Lire la suite

Les Etats doivent prendre des mesures énergiques pour mettre fin à la ségrégation scolaire des Roms

©Council of Europe / photo: Sandro Weltin

Dans la majorité des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe, les enfants roms sont victimes de ségrégation scolaire et reçoivent un enseignement de moindre qualité, ce qui a des conséquences catastrophiques. En effet, dans ces conditions, ces enfants n’ont guère de chances d’échapper à la pauvreté et à la marginalisation une fois adultes. De plus, la non-intégration génère des coûts importants (et inutiles) pour la société tout entière. Lire la suite

Les États devraient faire davantage pour protéger les femmes de la violence

Dans le monde entier, et, en particulier, dans toute l’Europe, les femmes sont battues et en butte à des menaces. La violence domestique est, à l’échelle mondiale, la forme la plus courante de maltraitance à l’égard des femmes, quel que soit le contexte économique, religieux ou culturel.

Il est étrange de constater avec quelle facilité est admis le fait que la violence domestique et la violence à l’égard des femmes constituent un phénomène répandu dans tous les pays. Beaucoup trop souvent, le problème est négligé et, beaucoup trop souvent, c’est la femme elle‑même qui est blâmée. La question la plus fréquemment posée n’est pas, semble‑t‑il, « pourquoi la bat‑il ? » mais plutôt « pourquoi ne le quitte‑t‑elle pas ? ». Lire la suite

Personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays en Europe : une autre génération perdue ?

Photo : Des réfugiés du Kosovo*. Copyright: UNHCR / H.J. Davies/ avril 1999

Les médias évoquent souvent le risque de voir apparaître une « génération perdue » en Europe du fait de la crise économique. Toutefois, dans de nombreux pays européens, une « génération perdue » d’un autre type cherche désespérément à surmonter les difficultés engendrées par les crises militaro‑politiques passées. Je veux parler des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (PID) en Europe, dont certaines se trouvent dans une situation extrêmement pénible depuis des décennies. Ces victimes de conflits passés ou en cours continuent d’avoir besoin de l’aide de la communauté européenne et internationale. Lire la suite

Les préjugés antimusulmans entravent l’intégration

Grande Mosquée de Paris – Photo: Shutterstock/Tupungato

Les musulmans d’Europe veulent interagir avec les autres Européens et participer à la vie de la société en tant que membres à part entière, mais ils se heurtent régulièrement à diverses formes de préjugés, de discrimination et de violence qui renforcent leur exclusion sociale. C’est la conclusion de recherches menées récemment par plusieurs organisations internationales et ONG. Les commentateurs du « printemps arabe » ont malheureusement manqué une occasion historique de déconstruire l’idée reçue selon laquelle l’islam serait incompatible avec la démocratie et ont préféré exagérer le risque de migrations massives vers l’Europe.

Les musulmans, figure emblématique de l’altérité dans le discours politique européen

Les musulmans sont devenus la figure emblématique de l’altérité dans le discours de la droite populiste en Europe. Des partis politiques ont jeté l’opprobre sur les musulmans à des fins électoralistes en Autriche, en Bulgarie, en Belgique, au Danemark, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Norvège et en Suisse. Il est souvent question des musulmans lors des débats sur ce qui serait « l’échec du multiculturalisme ». Pourtant, rares sont les pays à avoir expérimenté le multiculturalisme en tant que stratégie destinée à promouvoir le dialogue interculturel tout en préservant les identités culturelles. Lire la suite